Au fond de la salle des Corts, vous pourrez voir des peintures très singulières, où est représenté un paysage bien différent de celui des terres de Lleida. Elles n’ont pas été restaurées, mais on peut y voir un désert avec un dromadaire, une construction distinguée de couleur blanche, une demi-lune, deux fusils en haut à gauche et une étoile à six branches en haut à droite. Tous ces éléments permettent d’attribuer ces peintures aux troupes régulières marocaines qui y furent logées dans les années 1940, lorsque le château était encore une caserne militaire.
Les troupes régulières marocaines furent des forces militaires espagnoles formées en 1911 avec des indigènes du Maroc, lorsque ce pays était un protectorat espagnol. Organisées en bataillons – ou tabors –, elles devinrent très vite un corps d’élite et participèrent à la guerre civile espagnole. Leur blason était composé d’une demi-lune et de deux fusils, et l’étoile à six branches apparut sur le drapeau du Maroc jusqu’en 1956, lorsque le protectorat prit fin, année à laquelle le Maroc décida d’adopter l’étoile à cinq branches en représentation des cinq piliers de l’islam.